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Fourgon blanc à bande rouge « Police municipale » devant son poste au Petit-Lancy, commune de Lancy (GE), avec des lilas en fleurs à gauche.

Ville la plus dangereuse de Suisse romande ? Le point sécurité 2026

Posted on septembre 27, 2026

En 2026, les derniers chiffres officiels, publiés le 23 mars 2026, portent sur l’année 2025 ; ceux de 2026 ne paraîtront qu’avec la prochaine statistique annuelle.

Pour choisir un logement, préparer une sortie ou comprendre un fait divers, distinguez trois mesures : le nombre d’infractions enregistrées, leur taux par habitant et le sentiment d’insécurité. Les deux premières viennent de la police, la troisième d’enquêtes auprès de la population. Un vol de vélo et une agression entrent dans le total pénal, avec des conséquences très différentes pour les personnes concernées.

Les taux d’infractions les plus élevés en 2025 : Lausanne, Bienne et Genève

Parmi les communes romandes d’au moins 15 000 habitants, Bienne bilingue comprise, Lausanne affiche le taux le plus élevé d’infractions au Code pénal enregistrées en 2025 : 141,3 pour 1000 habitants. Suivent Bienne (129,4) et Genève (121,6).

Les taux les plus bas de ce périmètre sont ceux de Val-de-Ruz (36,3) et de Monthey (43,2). Le repère national est de 61,3 pour 1000 habitants. Pour la violence, Yverdon-les-Bains présente en revanche le taux le plus élevé des villes romandes détaillées par l’OFS : 14,6, contre 12,6 à Lausanne. Le tableau par catégorie précise ces différences. Ces fréquences ne désignent pas une ville « la plus dangereuse » pour chaque personne et chaque situation.

Le comparatif communal : infractions enregistrées en 2025

Le périmètre comprend les 25 communes d’au moins 15 000 habitants de Suisse romande, avec Bienne, ville bilingue, selon la population STATPOP au 31 décembre 2024. Delémont s’y ajoute comme référence jurassienne, sous ce seuil. Il s’agit des territoires communaux, pas des agglomérations : Renens est distincte de Lausanne, tout comme Lancy de Genève. Le seuil démographique ne signifie pas non plus que chaque commune présente le même caractère urbain.

Les lignes sont triées par taux décroissant. Cette comparaison entre communes reste indicative, et non un classement du risque personnel. La population résidante permanente au 31 décembre 2024 sert de dénominateur aux fréquences de 2025. La dernière colonne mesure la variation du nombre d’infractions entre 2024 et 2025. Le périmètre est celui du Code pénal : les infractions à la loi sur les stupéfiants, comptées séparément dans la SPC, en sont exclues.

CommunePopulation au 31.12.2024Infractions CP 2025Taux 2025 pour 1000 habitantsÉvolution du nombre, 2025 / 2024
Lausanne (VD)144 87320 475141,3+5,8 %
Bienne (BE, bilingue)56 8967 361129,4-6,6 %
Genève (GE)209 06125 428121,6-2,6 %
Yverdon-les-Bains (VD)30 2923 510115,9-4,9 %
Fribourg (FR)39 1514 462114,0+4,3 %
Vevey (VD)20 1422 171107,8-22,4 %
Neuchâtel (NE)45 3094 763105,1-8,0 %
Renens (VD)21 5412 220103,1+23,4 %
Montreux (VD)26 9552 753102,1-3,7 %
Thônex (GE)16 8091 684100,2-0,6 %
Morges (VD)17 7011 50885,2-10,7 %
Carouge (GE)22 4881 90384,6-8,7 %
Delémont (JU, référence)12 8131 07283,7-9,2 %
Nyon (VD)23 3511 90681,6+0,4 %
La Chaux-de-Fonds (NE)37 6002 78374,0-4,4 %
Vernier (GE)37 8372 63269,6-7,0 %
Meyrin (GE)27 0591 87869,4-4,3 %
Lancy (GE)37 2592 55968,7-14,1 %
Martigny (VS)22 2471 47966,5-0,5 %
Sion (VS)37 1542 43465,5+9,0 %
Bulle (FR)27 1011 64160,6+2,8 %
Pully (VD)19 5381 16259,5+9,5 %
Sierre (VS)17 8291 02457,4+2,4 %
Onex (GE)18 91592448,9-6,3 %
Monthey (VS)19 07482443,2+13,0 %
Val-de-Ruz (NE)17 51463536,3-8,9 %

Sources : OFS, SPC 2025, tableaux « Code pénal : fréquences et évolution par commune » des rapports de Vaud, Genève, Fribourg, Neuchâtel, Valais, Berne et du Jura. Taux et variations calculés à partir des effectifs, arrondis à une décimale. Les faibles variations sont à lire comme une stabilité : le rapport vaudois indique « n.s. » (variation non significative) pour Nyon ; le +0,4 % correspond à la variation calculée sur les effectifs.

Lire ces chiffres sans confondre fréquence et risque personnel

L’OFS formule cette réserve dans les annotations de son tableau des fréquences par ville : « La statistique policière de la criminalité se prête donc mieux à des analyses de résultats temporels qu’à des comparaisons géographiques. » Pour apprécier une évolution locale, privilégiez donc la même commune et la même catégorie au fil des années ; les écarts entre villes demandent davantage de précautions.

Le calcul divise le nombre d’infractions par la population résidante permanente de l’année précédente, puis multiplie le résultat par 1000. Or une ville-centre accueille aussi des personnes qui y travaillent, y font leurs achats ou y passent la soirée. Les infractions qui les concernent peuvent être comptées, alors que ces personnes restent hors du dénominateur. L’OFS souligne cet effet des navetteurs et des visiteurs, présents le jour et la nuit.

Lisez ensemble population, nombre et fréquence. À nombre supplémentaire d’infractions identique, le taux augmente davantage dans une petite commune. Le rapport valaisan 2025 donne ainsi pour Monthey 824 infractions contre 729 en 2024 : +13,0 %, avec un taux de 43,2 pour 1000 habitants. Dans le tableau, les variations extrêmes sont celles de Renens (+23,4 %) et de Vevey (-22,4 %). Le tableau des séries communales du rapport vaudois situe ces mouvements : Renens progresse pour la troisième année consécutive, avec 1 205 infractions en 2022, 1 455 en 2023, 1 799 en 2024 et 2 220 en 2025 ; Vevey revient près de son niveau de 2023 (2 179), après 2 798 en 2024 et 2 171 en 2025. Ces totaux décrivent une trajectoire, sans en établir les causes.

La police enregistre les faits dont elle a connaissance. La propension à dénoncer, les moyens policiers et les pratiques de saisie influencent les résultats. Le Rapport annuel 2025 des infractions enregistrées par la police, publié par l’OFS, précise que la SPC laisse hors champ la criminalité inconnue de la police et l’issue judiciaire des affaires. Une infraction enregistrée ne correspond donc ni à une condamnation ni nécessairement à une victime distincte.

La localisation est celle de l’infraction, plutôt que du domicile de la victime. La SPC est une « statistique de sortie » : l’année correspond à la transmission du cas par la police à l’OFS, pas nécessairement à sa commission. Pour l’édition 2025, l’état de la base a été arrêté à la mi-février 2026, selon ce même rapport.

Pourquoi 2025 ne raconte pas la même chose que 2024

À l’échelle suisse, les infractions au Code pénal sont passées de 522 558 en 2023 à 563 633 en 2024, puis à 554 963 en 2025 : une hausse de 7,9 %, suivie d’un recul de 1,5 %, d’après les séries de l’OFS. Le niveau de 2025 reste supérieur à celui de 2023 malgré le repli annuel : le choix de la période change la lecture de la tendance.

Même une comparaison dans le temps exige des définitions stables. L’OFS avertit que le nouveau droit pénal sexuel entré en vigueur le 1er juillet 2024 a modifié la définition du viol : les comparaisons avec les années antérieures sont limitées. Dans son passage sur les violences domestiques, le rapport vaudois 2025 signale également un changement depuis octobre 2025 : les blessures sans constat médical sont codifiées comme lésions corporelles et non plus comme voies de fait. Une modification de rubrique ne doit pas devenir, par simple lecture du pourcentage, la preuve d’une transformation équivalente des comportements.

Violence, cambriolages, vols : quel type de criminalité ?

Pour les dix villes du périmètre comptant au moins 30 000 habitants, le tableau détaillé de l’OFS permet de distinguer plusieurs catégories. Toutes les valeurs ci-dessous concernent 2025 et sont exprimées pour 1000 habitants. L’ordre des communes reprend celui du premier tableau ; la comparaison géographique reste indicative. La ligne suisse donne un repère national, qui inclut aussi les territoires moins urbanisés.

Commune / paysViolenceVols hors étalageCambriolagesVols de véhicules, vélos compris
Lausanne (VD)12,654,116,17,7
Bienne (BE, bilingue)11,641,99,615,3
Genève (GE)9,853,87,616,3
Yverdon-les-Bains (VD)14,638,510,26,1
Fribourg (FR)10,040,87,410,9
Neuchâtel (NE)7,739,77,24,7
La Chaux-de-Fonds (NE)9,219,14,84,0
Vernier (GE)6,623,94,57,0
Lancy (GE)5,627,34,310,3
Sion (VS)7,120,87,05,3
Suisse5,520,55,26,3

Sources : OFS, Code pénal : choix d’infractions selon les villes, fréquences 2025 ; OFS, données nationales SPC 2025 et population STATPOP au 31.12.2024 pour la ligne suisse. Vols de véhicules : somme des vols de bicyclettes et des autres véhicules. Arrondi à une décimale. Réserve pour Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds, note 4 du fichier OFS : « Les infractions de menaces ont diminué pour le canton de Neuchâtel depuis 2017 car elles ne sont plus saisies dans les affaires où d’autres infractions sont simultanément enregistrées. » Cette pratique affecte la comparaison de la colonne « Violence ».

Ces colonnes ne s’additionnent pas. Les cambriolages et les vols de véhicules font déjà partie des vols hors étalage. Les cambriolages regroupent les vols par effraction et par introduction clandestine ; ils ne désignent pas uniquement des logements. Quant à la catégorie « violence » de l’OFS, elle rassemble l’exercice ou la menace d’une violence contre une personne : les menaces, les voies de fait et les lésions corporelles y côtoient notamment les homicides. Elle ne mesure donc pas uniquement des agressions graves dans l’espace public.

Lausanne et Yverdon : cambriolages et violences suivent des chemins différents

À Lausanne, le total des infractions au Code pénal augmente de 5,8 % entre 2024 et 2025, selon le rapport cantonal. La hausse touche notamment les vols : dans le fichier OFS des fréquences urbaines, les vols hors étalage passent de 51,1 à 54,1 pour 1000 habitants. Parmi eux, les cambriolages montent de 11,8 à 16,1. Ce dernier taux est le plus élevé des 27 villes du fichier pour 2025, devant Bâle à 11,0. Il justifie de regarder les accès au logement et aux locaux communs, plutôt que d’assimiler toute la hausse à des agressions.

Dans le même temps, la fréquence lausannoise des infractions de violence recule de 14,3 à 12,6 pour 1000 habitants. Les voies de fait contribuent à ce mouvement, passant de 5,2 à 4,1 dans le même fichier OFS. L’évolution des vols et celle de la violence racontent donc deux aspects différents de la vie locale.

À Yverdon-les-Bains, le rapport vaudois constate un recul du total de 4,9 %, tandis que le tableau OFS montre une hausse de la violence de 12,5 à 14,6 pour 1000 habitants. Les menaces passent de 4,1 à 5,4 et les lésions corporelles, simples et graves réunies, de 1,4 à 2,4. Ces sous-catégories précisent les faits enregistrés derrière le total. Leur lecture doit intégrer le changement de codification vaudois signalé plus haut, notamment entre voies de fait et lésions corporelles.

Lausanne face à Zurich, Bâle et Berne : les repères urbains

Lausanne n’a pas le taux total le plus élevé de ces grandes villes. Pour 2025, les tableaux communaux des rapports SPC donnent 154,8 infractions au Code pénal pour 1000 habitants à Berne, 154,7 à Bâle et 101,8 à Zurich, contre 141,3 à Lausanne. Ces taux ont le même périmètre pénal et le même dénominateur : la population résidante permanente de chaque commune à la fin de 2024. Bâle désigne ici la commune, pas le canton de Bâle-Ville.

Avec les mêmes définitions, le même fichier OFS donne en 2025 des taux de violence, pour 1000 habitants, de 9,9 à Zurich, 14,5 à Bâle et 7,6 à Berne, contre 12,6 à Lausanne. Pour les vols hors étalage, les taux sont respectivement de 35,9, 68,0 et 53,0, contre 54,1 à Lausanne. Bâle dépasse donc Lausanne sur ces deux indicateurs, mais se situe en dessous pour les cambriolages. Ces repères communaux sont plus proches d’une réalité urbaine que la seule moyenne suisse.

Le premier rang de Lausanne pour la violence en 2024 peut expliquer l’étiquette « ville la plus dangereuse de Suisse », mais il portait sur un indicateur précis. Parmi les 27 villes du classeur OFS, Lausanne était première avec 14,3 infractions de violence pour 1000 habitants, et Yverdon-les-Bains troisième avec 12,5. En 2025, Yverdon passe au premier rang (14,6), devant Bâle (14,5), tandis que Lausanne est troisième (12,6). Ces positions décrivent des infractions enregistrées, menaces comprises, et non le sentiment d’insécurité ou le risque d’agression lors d’une sortie.

Fribourg, Neuchâtel, Sion : garder la commune comme point de repère

Les trajectoires ne se résument pas à une opposition entre grands et petits centres. En 2025, le nombre d’infractions au Code pénal augmente à Fribourg de 4,3 % et à Sion de 9,0 %, par rapport à 2024. Il diminue à Neuchâtel de 8,0 % et à La Chaux-de-Fonds de 4,4 %. Pour suivre votre ville, retenez la même délimitation et la même catégorie d’une année à l’autre. Un taux cantonal ne remplace pas le taux de son chef-lieu.

Genève est-elle dangereuse ? Distinguer la ville, le canton et la période

Pour 2025, le rapport genevois de la SPC donne 25 428 infractions au Code pénal en ville, soit 121,6 pour 1000 habitants, contre 50 020 et 94,2 pour le canton. Ce dernier taux place Genève au deuxième rang cantonal, derrière Bâle-Ville à 147,6, selon le tableau intercantonal de l’OFS. Dans son éclairage du 14 août 2026, la police rappelle toutefois le caractère presque entièrement urbain du canton genevois, face à des cantons qui comprennent aussi de vastes zones rurales. Les communes de l’agglomération ont, elles, leurs propres taux.

Le profil de la ville varie selon les catégories. Dans le tableau OFS par ville, Genève affiche 9,8 infractions de violence pour 1000 habitants, contre 12,6 à Lausanne. Ses vols hors étalage atteignent 53,8, proches des 54,1 lausannois. En revanche, les vols de véhicules, vélos compris, culminent à 16,3 parmi les dix villes romandes détaillées, devant Bienne à 15,3. Ce profil attire notamment l’attention sur les atteintes aux biens, plutôt que sur une étiquette unique de dangerosité.

À l’échelle cantonale, le communiqué du 23 mars 2026 annonce une baisse de 4 % du total, de 52 146 infractions en 2024 à 50 020 en 2025. Mais les infractions contre la vie et l’intégrité corporelle augmentent de 7 %, de 2 140 à 2 291 ; les lésions corporelles simples progressent de 10 %. Cette hausse cantonale coexiste avec une baisse de la fréquence de la violence en ville, de 10,1 à 9,8 dans le fichier OFS : le territoire et le regroupement d’infractions diffèrent. La catégorie OFS « violence » comprend notamment les menaces, qui relèvent des atteintes à la liberté dans le Code pénal.

Le double constat, recul global et progression des violences physiques, est aussi celui de la présentation des chiffres 2025 par Genève Attractive. Sa rubrique sécurité rassemble articles et entretiens. Genève Attractive est le média de la Fondation pour l’attractivité du canton de Genève.

Sa lecture de l’évolution entre 2022 et 2025 insiste sur une hausse de 14,1 %, de 43 838 à 50 020 infractions. En réponse à l’étude de la FLAG « Sécurité et criminalité dans le canton de Genève », parue en août 2026, la police confirme ces effectifs, mais objecte que cette période « amplifie la progression observée » : elle débute à la sortie du creux de la pandémie et englobe le pic de 2024. Elle rappelle aussi les 58 800 infractions de 2015. Le total de 2025 reste ainsi supérieur à celui de 2022, inférieur à celui de 2015 et en recul sur un an.

Le communiqué cantonal recense aussi 2 008 infractions de violence domestique en 2025 : ce nombre désigne des infractions, plutôt que des ménages ou des victimes distinctes. Il attribue la progression des cambriolages principalement aux caves d’immeubles, tandis que ceux visant les villas diminuent. L’entretien avec Monica Bonfanti, commandante de la police genevoise, aborde ces évolutions.

La question des moyens policiers relève d’un autre débat. Le point de Genève Attractive sur les caméras-piétons et la lecture automatisée des plaques présente des pistes d’équipement. Leur effet sur la sécurité demande une évaluation distincte du décompte des infractions.

Quartiers et sorties la nuit : que mesure le sentiment d’insécurité ?

Pour les quartiers et les trajets du soir, les enquêtes de perception apportent un éclairage différent des taux communaux. Elles demandent aux personnes comment elles vivent leur environnement. Une liste de « quartiers à éviter » tirée du seul total communal confondrait cette expérience avec le nombre d’infractions enregistrées sur tout le territoire.

Le Diagnostic local de sécurité genevois 2023 mesure notamment le sentiment d’insécurité lors d’une promenade en solitaire dans son quartier après 22 heures. En 2023, 28,9 % de la population résidante du canton déclare ressentir cette insécurité, contre 32,8 % en 2020. La proportion atteint 38,5 % chez les femmes en 2023. Ces proportions décrivent un ressenti déclaré, pas une probabilité d’agression.

Le même diagnostic distingue les communes et certaines zones : en 2023, ce sentiment concerne 32,9 % de la population à Vernier et 29,5 % en ville de Genève. Il atteint 35,8 % dans le Croissant urbain de Vernier. Le tableau 48 du DLS donne aussi 32,3 % pour les résidents de la zone regroupant les Pâquis et Saint-Jean, en ville de Genève. L’écart avec la moyenne communale montre l’intérêt de cette échelle plus fine. Il s’agit toujours de la même question sur les déplacements après 22 heures, posée en 2023, et non d’un décompte des faits de 2025.

Enquête de perception genevoise en 2026. La huitième édition du DLS vise 17 500 personnes, dans treize communes et un échantillon de la campagne genevoise. Ses résultats sont annoncés pour le troisième trimestre 2026, calendrier encore rappelé par la police le 14 août 2026. Cette enquête porte sur le vécu et les attentes de la population, distincts des infractions de la SPC 2025.

Ailleurs, les publications suivent d’autres calendriers. Le canton de Neuchâtel a présenté le 10 février 2026 son sondage réalisé en 2025 : 85 % des personnes répondantes affirment se sentir en sécurité dans le canton. C’est une appréciation générale, différente de la question genevoise sur le quartier après 22 heures. Le même communiqué souligne que près de 60 % craignent une atteinte à leurs biens sur Internet, tandis que seuls 8 % jugent élevé le niveau de criminalité dans l’espace physique. Entre 2019 et 2025, le sentiment d’insécurité a progressé dans les deux espaces, alors que les taux de victimisation déclarés sont restés globalement stables. Une inquiétude accrue et une hausse des faits subis sont donc deux constats distincts.

À Lausanne, le rapport-préavis sur le sentiment d’insécurité daté du 15 décembre 2005 repose sur une enquête locale ancienne. Un autre sondage de 2017 à Chauderon, à la Riponne et au Tunnel est documenté par la Municipalité : l’Unité de criminologie de l’UNIL conduisait cette étude avec la coopération de la police municipale. Elle portait sur le sentiment de sécurité et les attentes des habitants pour évaluer les stratégies policières. Son périmètre ciblé ne représente pas toute la ville. Ces enquêtes locales ne forment pas une mesure commune à toutes les villes romandes ; leur date et leur question déterminent la comparaison possible.

Les indices participatifs constituent encore une autre mesure. La méthode de Numbeo indique que ses données proviennent d’enquêtes remplies par les visiteurs du site. Son score résume des perceptions, avec un recrutement différent d’une enquête représentative. Il ne se convertit pas en taux d’infractions OFS.

Harcèlement dans les transports et médiation nocturne à Lausanne

En cas de harcèlement dans les transports lausannois, les consignes des tl recommandent de se rapprocher d’autres personnes et de demander de l’aide au personnel de contrôle ou de sécurité. Si vous êtes témoin, vous pouvez créer une diversion, solliciter les personnes présentes et demander à la victime ce dont elle a besoin, en veillant à votre propre sécurité. Pour une urgence immédiate, appelez le 117.

Pour la médiation nocturne, Lausanne dispose de correspondantes et correspondants de nuit. Identifiable à son vêtement bleu nuit, l’équipe désamorce les tensions dans l’espace public et oriente les personnes vers les structures compétentes. Elle exerce une mission de prévention, sans compétence d’identification, d’interpellation ou de contrainte. Une urgence exige l’intervention de la police.

Quel numéro, quel canal ?

État : 27 septembre 2026. Les services ci-dessous distinguent intervention immédiate, soutien et démarche administrative. Un formulaire en ligne ne remplace pas un appel lorsqu’une personne est en danger.

Danger immédiat : 117 pour la police, 112 pour l’urgence générale, 144 pour une ambulance. Le portail officiel ch.ch précise que le 112 met en relation avec la centrale d’alarme de la police. Donnez votre emplacement et décrivez ce qui se passe, sans vous exposer pour recueillir des détails.

Dans un train ou une gare : 0800 117 117, Police des transports CFF. Les consignes des CFF en cas de harcèlement ou d’agression recommandent ce numéro ou le 117. Sans téléphone, adressez-vous au personnel dans un train accompagné ; les trains modernes disposent généralement d’un bouton d’urgence dans la zone d’entrée.

Victime de violence : 142 pour une écoute et une orientation. La ligne nationale est opérationnelle depuis le 1er mai 2026, selon la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales. Elle est gratuite, confidentielle et disponible 24 heures sur 24. Attention : le canton de Vaud rappelle que le 142 n’est pas un numéro d’urgence. En cas de danger imminent, appelez directement les secours.

Pour un accompagnement : les centres LAVI. L’aide aux victimes concerne les atteintes à l’intégrité physique, psychique ou sexuelle. L’annuaire national des centres de consultation permet de choisir un centre, y compris dans un autre canton que celui de votre domicile ; le conseil est gratuit et confidentiel. Ce soutien concerne les conséquences de la violence ; l’indemnisation d’un objet volé relève des garanties d’assurance.

Plainte pénale : quel délai et quelles démarches ?

Selon le guide officiel ch.ch, les autorités poursuivent d’office les infractions telles que les lésions corporelles graves dès qu’elles en ont connaissance, même sans plainte. D’autres, notamment les injures, nécessitent une plainte de la personne lésée. Pour ces infractions poursuivies sur plainte, l’article 31 du Code pénal, dans sa version du 12 juin 2026, fixe un délai de trois mois dès la connaissance de l’auteur de l’infraction. Cette règle légale se distingue du conseil pratique de signaler rapidement les faits pour préserver les traces. Le canal en ligne dépend, lui, du type de faits et du canton.

Porter plainte en ligne à Genève ou dans le canton de Vaud

À Genève, la pré-plainte prépare un rendez-vous. La présentation officielle du service, lancé le 15 juillet 2026, décrit une démarche gratuite pour certaines infractions contre le patrimoine et cyberescroqueries, contre inconnu. Le formulaire est accessible sur la plateforme cantonale de pré-plainte. La procédure cantonale prévoit ensuite un rendez-vous dans un poste du canton pour finaliser la plainte. L’attestation destinée à l’assurance est remise lors de la signature : le simple remplissage en ligne ne clôt pas la démarche.

Dans le canton de Vaud, l’e-plainte a un périmètre limité. Le formulaire vaudois de plainte contre inconnu concerne certains vols simples, vols de cycles non immatriculés et dommages à la propriété survenus dans le canton. Les cambriolages, vols à la tire, vols à l’arraché et cyberinfractions en sont notamment exclus. La procédure exige d’imprimer le document, de le signer, de joindre une copie de pièce d’identité et de l’envoyer par la poste. Ce n’est donc pas un dépôt entièrement dématérialisé.

À Fribourg, Neuchâtel et dans le Jura, consultez les prestations ePolice de votre canton. Les pages officielles de Fribourg, Neuchâtel et du Jura détaillent les situations admises, dont certains vols, dommages et cyberdélits. Fribourg propose aussi VisioPol, un entretien à distance sur rendez-vous pour des situations simples. Chaque portail précise les catégories admissibles.

Si le formulaire ne correspond pas à votre situation, le passage au poste reste la voie à privilégier. À Bienne, la police cantonale bernoise propose également des plaintes en ligne, notamment pour certains vols, dommages et escroqueries numériques.

En Valais, la police cantonale demande de se rendre dans un poste de gendarmerie avec les moyens de preuve pour déposer plainte ; sa messagerie de contact ne l’enregistre pas. Elle prévoit toutefois un formulaire spécifique pour annoncer un vol de skis. Le guide officiel pour signaler une infraction précise qu’une dénonciation peut être faite oralement ou par écrit à la police ou au ministère public. Gardez les messages, justificatifs et éléments disponibles ; décrivez les faits sans devoir leur attribuer vous-même une qualification juridique.

Signaler un harcèlement de rue sans le confondre avec une plainte

À Lausanne, le formulaire municipal de signalement du harcèlement s’adresse aux victimes ou témoins de faits survenus sur le territoire communal. Il précise expressément qu’il ne constitue pas une plainte pénale. À Genève, l’outil de signalement de Genève en poche transmet le signalement à la police municipale et permet de demander un accompagnement pour déposer plainte. Une convention étend le dispositif à Lancy, Vernier, Meyrin et Carouge.

Cambriolages, vols à la tire et escroqueries en ligne : les gestes utiles

Au logement, commencer par les accès

La hausse des cambriolages à Lausanne et celle des cambriolages dans les caves genevoises invitent à examiner aussi les accès communs. La Prévention Suisse de la Criminalité, dans ses conseils contre le cambriolage, rappelle que les logements sont souvent visités de jour, pendant les absences. Fermez la porte à clé même pour une courte sortie, fermez réellement les fenêtres et faites relever le courrier lorsque vous partez. Une fenêtre basculée reste un accès vulnérable. Prévenez une personne de confiance dans votre voisinage pour faciliter le repérage d’une présence inhabituelle.

Avant d’acheter du matériel, faites examiner les points d’accès vulnérables. La PSC indique que des conseils policiers en sécurité sont proposés dans de nombreux cantons. Le choix d’une protection mécanique ou électronique dépend du logement ; les critères pour choisir un système d’alarme viennent après cette réflexion, pas à la place d’une porte correctement fermée. Si le projet concerne une entrée commune en PPE, posez également la question de la décision collective et de la répartition des coûts, abordée dans les règles sur les travaux en copropriété.

Après une effraction, la PSC recommande de ne rien ranger et d’attendre la police à l’extérieur pour préserver les indices. Si vous surprenez quelqu’un, ne cherchez pas à le retenir. Préparez ensuite la description des objets manquants, les photographies et justificatifs disponibles. Pour les conséquences matérielles, relisez les garanties et exclusions de votre contrat : le sujet de l’assurance ménage en Suisse est distinct de la plainte et de l’aide aux victimes. Vérifiez notamment la couverture des biens conservés dans une cave et les justificatifs demandés.

Dans la foule, protéger aussi le téléphone

Selon les conseils de la PSC sur les vols à la tire et à l’astuce, les lieux très fréquentés favorisent les diversions : gares, transports, marchés, commerces et manifestations. Gardez le sac fermé devant vous dans la foule, les objets de valeur dans une poche intérieure fermée, et ne laissez pas un téléphone dans une poche extérieure. Une personne qui vous distrait peut agir avec un complice ; le bon réflexe est de garder vos affaires sous contrôle, pas de soupçonner une catégorie de passants.

La protection ne s’arrête pas au sac. La PSC recommande un code ou un mot de passe sur les appareils, des sauvegardes régulières et une fonction de localisation du smartphone. Un téléphone dérobé peut faire perdre bien davantage que l’appareil lui-même. Ces mesures limitent les conséquences pratiques, sans justifier une confrontation pour récupérer un objet.

Escroqueries en ligne : interrompre la pression avant de payer

Si vous possédez un site, l’arnaque aux faux services d’enregistrement de noms de domaine illustre une pression classique : un courriel prétend qu’un tiers veut enregistrer votre nom sous une autre extension et vous presse de payer. L’OFCS recommande d’ignorer ces demandes. Face à un message suspect, évitez ses liens et pièces jointes ; en cas de doute, contactez l’expéditeur présumé par les coordonnées de son site officiel, plutôt que par celles du message.

Les services de rencontres amoureuses en ligne demandent une autre vigilance. La PSC décrit les arnaques aux sentiments : de faux profils nouent une relation avant de réclamer de l’argent pour un voyage ou une urgence inventée. Si cela vous arrive, cessez les versements, gardez les échanges et les références des paiements pour la police, puis bloquez le contact. Parlez-en à une personne de confiance : demander de l’aide ne justifie aucun reproche.

Pour votre commune, suivez séparément les atteintes aux biens, les violences et leur évolution. Pour vos déplacements, écoutez aussi votre ressenti et repérez les possibilités d’aide. En cas de faits, choisissez le service adapté : secours pour l’urgence, soutien pour les victimes, police pour la démarche pénale.

Photo : fourgon de la police municipale devant son poste au Petit-Lancy (GE), par MHM55, sous licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons, recadrée.

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